
Jakar
Jakar
Capitale du dzongkhag de Bumthang à 2 600 m d'altitude, Jakar concentre dzong, palais royaux et monastères au cœur du Bhoutan central.
Nichée au cœur du Bhoutan central, à 2 600 mètres d'altitude, Jakar veille sur la vallée de Bumthang depuis sa crête boisée. Capitale du dzongkhag de Bumthang, cette petite ville de 6 240 habitants concentre une densité de monastères, palais royaux et sanctuaires rare à l'échelle du royaume. Son nom évoque un oiseau blanc aperçu en 1549, signe céleste à l'origine de la fondation de la cité.
Jakar en bref
- Pays : Bhoutan
- Région : dzongkhag de Bumthang, centre du pays
- Altitude : 2 600 m
- Population : 6 240 habitants
- Nom bhoutanais : བྱ་ ཀར་ (« oiseau blanc »)
- Accès : aéroport de Bathpalathang ou route depuis Thimphou (7 h 30)
- À retenir : berceau de la dynastie Wangchuck, festival Jakar Tsechu en automne, porte du parc national du centenaire
Une histoire qui remonte au VIIIe siècle
L'histoire de Jakar plonge ses racines dans le bouddhisme tantrique. En 746, le monarque indien Sindhuraja, souverain du royaume de Sindhu, conseilla à Guru Rinpoché, considéré comme le second bouddha, de venir s'installer près de Jakar, dans son « palais de fer ». Ce palais a disparu, remplacé au XVe siècle par le lhakhang de Jakar, bâti par un descendant du tertön Dorje Lingpa, chercheur d'artefacts et de textes sacrés.
Le nom de la ville lui-même est lié à un présage. En 1549, un oiseau blanc aurait guidé les habitants vers l'emplacement où fonder un monastère. Ce signe donna naissance au « monastère de l'oiseau blanc », et par extension à la cité.
Trois siècles plus tard, entre 1857 et 1858, Jigme Namgyal, gouverneur (« penlop ») de Trongsa, fit ériger en plein centre de Jakar le palais de Wangdu Choling pour célébrer son accession au pouvoir. Son fils, Ugyen Wangchuck, futur premier roi du Bhoutan et fondateur de la dynastie Wangchuck encore au pouvoir, y naquit en 1862, soit quatre ans après l'édification du palais.
Plus ancien bâtiment construit par la famille royale, Wangdu Choling abrita les trois premiers rois du Bhoutan : Ugyen Wangchuck, Jigme Wangchuck et Jigme Dorji Wangchuck. Lorsque ce dernier décida de transférer la cour à Thimphou, le palais devint propriété du gouvernement. Il se visite aujourd'hui sans difficulté.
Que faire à Jakar : les sites incontournables
Jakar concentre, dans un rayon de quelques kilomètres, certains des monuments les plus chargés d'histoire du Bhoutan. Voici les sites qui valent le détour.
Le dzong de Jakar
Après avoir fondé Trongsa en 1541, Ngagi Wangchuk arriva à Jakar accompagné d'un groupe de donateurs. Sur une crête, il vit l'atterrissage d'un oiseau blanc et y prit un signe. Il fit construire en 1549 le « monastère de l'oiseau blanc ». Un siècle plus tard, en 1646, le gouverneur de Trongsa Minjur Tenpa éleva à sa place le dzong de Jakar. Après le tremblement de terre de 1897, le roi Ugyen Wangchuck le fit rénover en 1905. La forteresse domine encore la vallée et reste l'un des plus grands dzongs du pays.
Le lhakhang de Jakar
Au nord de la ville se dresse ce monastère emblématique. Fondé en 1445 par un descendant de Dorje Lingpa, il abrite des œuvres artistiques bhoutanaises : peintures bouddhiques, fresques murales et statue monumentale de Guru Rinpoché. C'est l'un des plus anciens temples de Bumthang encore debout.
Le temple de Lingkana
Situé dans un parc à quelques dizaines de mètres du palais de Wangdu Choling, ce temple orné de bleu aurait été construit sous le règne d'Ugyen Wangchuck, qui n'acceptait pas que la population pauvre de Jakar n'ait pas accès à un lieu de rituels. Au pied du temple sont installés cinq moulins à prières. Le premier date de l'édification du sanctuaire ; les quatre autres ont été ajoutés entre 1962 et 1963 par Ashi Choki, sœur de Jigme Dorji Wangchuck.
Le parc national du centenaire de Wangchuck
À quelques centaines de mètres au nord de Jakar commence le plus grand parc national du pays. Il s'étend sur 4 900 km², de la frontière tibétaine au nord jusqu'à Jakar, et du dzongkhag de Lhuntse au village de Lunana dans le dzongkhag de Gasa. Le parc abrite plus de 100 espèces d'oiseaux et 23 espèces de mammifères, parmi lesquels le léopard des neiges, le takin et l'ours noir de l'Himalaya. Il contient également les sources de quatre fleuves majeurs : le Punatsang Chhu, le Mangde Chhu, le Chamkhar Chhu et le Kuri Chhu. Plusieurs treks de Bumthang traversent ses contreforts.
Le festival Jakar Tsechu, temps fort de l'automne
Une fois par an, à l'automne, le dzong de Jakar accueille le tsechu, festival religieux célébrant Guru Rinpoché. Pendant cinq jours, danses masquées, costumes brodés et musiques sacrées rythment la vie de la vallée. Le tsechu se tient généralement entre fin octobre et début novembre. Les dates précises changent chaque année selon le calendrier lunaire bhoutanais ; mieux vaut les vérifier auprès de votre conseiller avant de fixer le voyage.
C'est l'un des festivals les plus authentiques du Bhoutan central, moins fréquenté que ceux de Paro ou Thimphou, et l'un des meilleurs moments pour découvrir la vallée de Bumthang dans toute sa ferveur.
Jakar aujourd'hui : vie locale et artisanat
Loin d'être figée dans son passé, Jakar est devenue le pôle économique et touristique du Bhoutan central. Sa rue principale aligne échoppes d'artisanat, ateliers de tissage et petits restaurants servant ema datshi, le plat national à base de piments et fromage.
La vallée de Bumthang est aussi connue pour ses fromageries d'inspiration suisse, héritage d'une coopération initiée dans les années 1970. Vous y trouverez gouda, emmental local et miel de sarrasin, vendus sur les marchés ou directement à la ferme. Les ateliers de yathra, tissage en laine de mouton coloré typique de Bumthang, se visitent dans les villages voisins.
Climat et meilleure période pour venir
Située à 2 600 m, Jakar connaît un climat de montagne. Les températures restent fraîches à froides toute l'année, oscillant en moyenne entre 3 et 18 °C.
- Mars-mai : printemps doux, fleurs de rhododendrons, 10-18 °C. Excellente période pour les treks de Bumthang.
- Juin-septembre : mousson, pluies fréquentes, brumes en altitude. Paysages verts mais sentiers boueux.
- Octobre-novembre : ciel dégagé, 8-13 °C, faible humidité. Période idéale, qui coïncide avec le Jakar Tsechu.
- Décembre-février : hiver sec et froid, gelées nocturnes, parfois neige. Lumières superbes mais températures rudes.
Quelle que soit la saison, prévoyez des vêtements chauds : les nuits restent fraîches même en été.
Comment se rendre à Jakar
Jakar est l'une des rares villes du Bhoutan central accessibles par les airs.
En avion
L'aéroport de Bathpalathang, l'un des cinq aéroports du pays, dessert Jakar. Il assure des liaisons internes avec Thimphou, Paro, Trashigang, et Gelephu depuis 2017. Le vol Paro-Jakar dure environ 30 minutes. Une nouvelle rampe et un terminal sont en cours d'aménagement.
Par la route
Depuis Thimphou, comptez 7 h 30 de trajet par la route principale qui traverse le pays d'ouest en est sur 260 km. Le voyage se fait en bus public, en taxi partagé ou en véhicule privé avec chauffeur, formule la plus courante pour les visiteurs étrangers. Le parcours, spectaculaire, traverse cols, vallées et villages traditionnels.
Se déplacer sur place
Jakar se parcourt à pied pour les sites du centre. Pour rejoindre les villages et monastères de la vallée de Bumthang, taxis locaux et véhicules avec chauffeur restent les options les plus pratiques.
Où dormir à Jakar
L'offre d'hébergement à Jakar reflète la philosophie bhoutanaise : capacités limitées, qualité maîtrisée. Trois grandes typologies cohabitent dans la vallée.
- Guesthouses familiales (15-30 €/nuit) : maisons traditionnelles tenues par des familles bumthangpas, repas inclus, ambiance authentique. Idéal pour les voyageurs curieux de la vie quotidienne.
- Boutique-hôtels de charme (60-120 €/nuit) : architecture bhoutanaise traditionnelle, chambres en bois sculpté, restauration locale soignée, vues sur la vallée.
- Lodges haut de gamme (150 €+/nuit) : confort international, spa, design contemporain, services dédiés. Quelques adresses de standing près de Jakar.
L'agence sélectionne l'hébergement selon le profil et la saison ; en période de tsechu, la réservation plusieurs mois à l'avance est indispensable.
Conseils insider de notre expert local
Notre expert local de l'agence partage quelques recommandations pour profiter pleinement de Jakar :
- Visitez le dzong tôt le matin, avant l'arrivée des groupes : la lumière sur les murs blancs et le silence des cours intérieures sont incomparables.
- Goûtez le buckwheat pancake (crêpe de sarrasin) accompagné de miel local : spécialité de Bumthang servie dans les guesthouses.
- Prévoyez deux nuits minimum à Jakar : une seule journée ne suffit pas à parcourir les quatre monastères majeurs et la vallée environnante.
- Pendant le tsechu, asseyez-vous au sol avec les locaux plutôt qu'au fond avec les touristes : l'expérience humaine en sera transformée.
- Marchez jusqu'au lhakhang de Jakar depuis le centre : 30 minutes de montée douce à travers champs de sarrasin et bosquets de pins.
Jakar, pour quel type de voyageur ?
Jakar séduit en priorité :
- Les passionnés d'histoire et de spiritualité : densité exceptionnelle de monastères du XVe au XIXe siècle.
- Les amateurs de festivals authentiques : le Jakar Tsechu reste plus intime que ceux des grandes villes.
- Les randonneurs : porte d'entrée vers les treks de Bumthang et le parc national du centenaire.
- Les voyageurs en quête de ralentissement : rythme paisible, paysages de montagne, vie villageoise préservée.
La destination convient moins aux familles avec très jeunes enfants (altitude, longues routes) et aux voyageurs pressés cherchant une découverte rapide du Bhoutan.
Questions fréquentes sur Jakar
Questions fréquentes
Deux à trois nuits permettent de visiter le dzong, les principaux monastères, le palais de Wangdu Choling et de profiter de la vallée de Bumthang environnante. Les randonneurs peuvent prévoir davantage pour explorer le parc national.
Octobre et novembre offrent un ciel dégagé, des températures clémentes et coïncident avec le Jakar Tsechu. Le printemps (mars-mai) est également excellent pour les treks et la floraison des rhododendrons.
À 2 600 m, l'altitude reste modérée et bien tolérée par la plupart des voyageurs. Une journée de repos à l'arrivée suffit généralement à s'acclimater. Hydratez-vous et limitez l'effort le premier jour.
Deux options : un vol intérieur de 30 minutes vers l'aéroport de Bathpalathang, ou un long trajet routier de plusieurs jours via Thimphou et le centre du pays. La route reste plus pittoresque, l'avion plus pratique.
Oui, le festival est ouvert à tous, dans le respect des règles locales : tenue correcte, silence pendant les danses sacrées, photographies autorisées sans flash. Réservez vos hébergements plusieurs mois à l'avance.
À découvrir aussi
Pour prolonger votre exploration du royaume, parcourez notre guide complet du Bhoutan et la région voisine de Bumthang, dont Jakar est la capitale. Les villes historiques de Trongsa, Thimphou et Paro complètent un itinéraire d'ouest en est à travers le centre du pays.
Attractions à Jakar

La vallée de Tang
La plus orientale des vallées de Bumthang concentre temples liés à Pema Lingpa, manoir-musée d'Ogyenchoeling et villages traditionnels du centre du Bhoutan.

Le dzong de Jakar
Bâti en 1646 sur une crête de Bumthang, le dzong de Jakar compte parmi les plus vastes du Bhoutan et accueille chaque automne le festival Jakar Tsechu.

La vallée d'Ura
Plus haute vallée du Bumthang, à plus de 3 000 m d'altitude : temple dédié à Guru Rinpoché, village pastoral et festival d'Ura Yakchoe au printemps.
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