Vallée de Paro

Vallée de Paro

Vallée de Paro

À 2200 m d'altitude, la vallée de Paro concentre le monastère de Taktsang, le dzong de Rinpung et les rizières de riz rouge, en porte d'entrée du Bhoutan.

La vallée de Paro s'ouvre à 2200 mètres d'altitude, au bord de la rivière Paro Chhu qui descend des glaciers du Jomolhari, sommet de 7314 mètres marquant la frontière avec le Tibet. C'est par ici que tous les voyageurs entrent au Bhoutan : l'aéroport de Paro reste le seul aéroport international du pays, et son approche entre les crêtes himalayennes est si technique que moins d'une cinquantaine de pilotes au monde sont qualifiés pour s'y poser. Dès la descente d'avion, le décor est posé : maisons à colombages peintes de motifs floraux et de tigres, toits de bois lestés de pierres, rizières étagées en terrasses, et le dzong de Rinpung qui domine la rive ouest depuis 1646.

La vallée s'étire sur une vingtaine de kilomètres, large et plate par endroits, resserrée ailleurs entre des versants couverts de pins bleus de l'Himalaya et de rhododendrons. C'est l'une des rares vallées du Bhoutan où la riziculture rouge prospère encore, le riz rouge de Paro étant cultivé ici depuis des siècles à cette altitude inhabituelle pour cette céréale. Les fermes traditionnelles que nous visitons à Shari ou à Dop Shari fonctionnent toujours en autarcie partielle : potager, étable pour quelques vaches, métier à tisser pour le kira et le gho, et autel familial à l'étage.

Le site qui structure la visite de la vallée est Taktsang, le monastère du Nid du Tigre, accroché à 3120 mètres sur une falaise de granit à 900 mètres au-dessus du fond de vallée. La montée demande entre 2h30 et 3h depuis le parking de Ramthangkha, avec un arrêt possible à la cafétéria à mi-parcours. Le monastère commémore la méditation de Guru Rinpoché au VIIIe siècle, et sa reconstruction après l'incendie de 1998 a respecté les techniques d'origine. Nous recommandons d'y monter le matin tôt, avant 8h, pour éviter la chaleur de la marche et la concentration des groupes vers 10h.

Au-delà de Taktsang, la vallée concentre une densité culturelle rare. Le dzong de Rinpung, encore en activité administrative et monastique, abrite chaque printemps le Paro Tsechu, festival religieux de cinq jours qui se tient en mars ou avril selon le calendrier lunaire. Les danses masquées sur le parvis attirent toute la vallée en habits de fête. Juste au-dessus, l'ancienne tour de guet Ta Dzong, de forme circulaire, a été convertie en Musée national : on y suit en deux heures l'histoire du Bhoutan, des thangkas aux armes et timbres. Plus haut dans la vallée, les ruines du Drukgyel Dzong, forteresse construite en 1649 pour commémorer une victoire sur les Tibétains, font face au Jomolhari par temps clair, généralement en octobre et novembre.

La cuisine locale se goûte dans les fermes ouvertes aux visiteurs : ema datshi (piments verts au fromage de yak), kewa datshi aux pommes de terre, momos farcis au porc, accompagnés du thé au beurre suja ou de l'ara, alcool de riz distillé maison. Les températures restent tempérées : autour de 22 à 24°C en journée de juin à août, 15 à 18°C en avril et octobre, et fréquemment sous zéro la nuit de décembre à février, avec des chutes de neige possibles sur les hauteurs. Cette altitude modérée, par rapport à Bumthang ou Phobjikha plus à l'est, fait de Paro une base d'acclimatation logique avant de poursuivre vers l'intérieur.

À découvrir

Montée au monastère de Taktsang. 2h30 d'ascension dans une forêt de pins bleus jusqu'au Nid du Tigre, accroché à 3120 mètres sur une paroi de granit. Le sentier croise drapeaux de prière, moulins à eau et la cascade qui marque la dernière volée d'escaliers.

Dzong de Rinpung et tour Ta Dzong. Forteresse de 1646 encore en fonction, accessible par un pont couvert traditionnel sur la Paro Chhu. Le musée national, installé dans la tour de guet circulaire au-dessus, présente thangkas, masques de tsechu et une collection de timbres bhoutanais.

Festival Paro Tsechu en mars-avril. Cinq jours de danses masquées dans la cour du dzong, avec déploiement d'un grand thongdrel au dernier matin avant l'aube. Les familles de la vallée descendent en kira et gho de cérémonie.

Déjeuner dans une ferme à Shari. Ema datshi, riz rouge de Paro et thé suja servis sur un sol de bois ciré, à l'étage d'une maison à trois niveaux. L'occasion de comprendre l'organisation traditionnelle d'une exploitation bhoutanaise.

Ruines du Drukgyel Dzong face au Jomolhari. À 14 km au nord du bourg de Paro, cette forteresse incendiée en 1951 est en cours de reconstruction. Par temps clair d'octobre à novembre, le Jomolhari (7314 m) apparaît dans l'axe de la vallée.

Quand y aller

Les deux fenêtres les plus favorables sont mars-mai et septembre-novembre. Le printemps offre les rhododendrons en fleur sur les versants entre 2500 et 3000 mètres, des températures de 15 à 20°C en journée, et le festival Paro Tsechu fin mars ou début avril. L'automne, plus sec, dégage les sommets : c'est entre mi-octobre et fin novembre que nous voyons le plus régulièrement le Jomolhari et le Chomolhari Kang depuis Drukgyel. Les températures diurnes tournent alors autour de 12 à 18°C, avec des nuits déjà froides, 0 à 5°C.

La mousson, de mi-juin à mi-septembre, apporte des pluies soutenues, surtout en juillet et août, qui rendent la montée à Taktsang glissante et masquent les sommets. L'hiver, de décembre à février, reste praticable pour la vallée elle-même (journées ensoleillées autour de 8 à 10°C, nuits jusqu'à -5°C), mais les cols vers Thimphou ou plus à l'est peuvent fermer après chutes de neige. Janvier est le mois le plus froid et le plus calme côté affluence.

Conseils pratiques

Nous prévoyons généralement 2 nuits sur place, parfois 3 si vous souhaitez randonner au-delà de Taktsang vers le monastère de Bumdrak ou faire une journée complète de visites de fermes. Une seule nuit reste possible mais oblige à monter au Nid du Tigre dès le lendemain de l'arrivée, ce qui est dur pour l'acclimatation. Paro est le point d'entrée logique au Bhoutan : depuis l'aéroport, il faut moins de 15 minutes pour rejoindre les hôtels du fond de vallée.

La combinaison la plus naturelle se fait avec Thimphou et Punakha, à 1h30 et 4h de route respectivement, pour un circuit court de 7 à 8 jours. Pour les voyageurs disposant de 12 jours ou plus, nous prolongeons vers Phobjikha (vallée glaciaire des grues à cou noir en hiver) puis Bumthang central (cœur historique et religieux). L'extrême oriental, vers Trashigang, demande au moins 15 jours au total. Paro convient à tous les profils, des familles avec enfants (la montée à Taktsang reste faisable dès 10-12 ans) aux contemplatifs, en passant par les randonneurs qui peuvent y démarrer le trek du Jomolhari (5 à 9 jours). Le niveau de confort est bon : la vallée concentre les meilleures adresses du pays, des fermes rénovées aux lodges haut de gamme.

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