Qu'est-ce que le Bonheur National Brut ?

Qu'est-ce que le Bonheur National Brut ?

11 juin 2019

Voulu par le roi Jigme Singye Wangchuck dès 1972, le Bonheur National Brut est devenu l'indicateur phare du développement du Bhoutan. Il est même considéré dans la hiérarchie plus important que le Produit National Brut (PNB) et conduit toutes les décisions gouvernementales du pays.

Le Bonheur National Brut (BNB) est devenu réellement central dans la vie des Bhoutanais à partir du 18 juillet 2008, date de la promulgation de l'actuelle constitution du pays, où celui-ci fait figure de tuteur. À ce titre, toutes les décisions gouvernementales et politiques du pays doivent aujourd'hui être passées au crible par la Commission du Bonheur National Brut qui peut, après concertation, les accepter ou les refuser. Le BNB, plus large et représentatif que le PNB, se veut être un indicateur du niveau de vie au Bhoutan. C'est en 1972, seulement âgé de 16 ans, que le roi du Bhoutan Jigme Singye Wangchuck exprime publiquement pour la première fois les préceptes de ce concept pionnier dans une interview donnée au Financial Times. Le royaume est aujourd'hui le seul pays au monde à baser son développement sur cette idée de bonheur. D'après Europe 1, quelques organisations internationales ont depuis repris cette pensée comme l'Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE) ou l'Organisation des Nations-Unies (ONU), en établissant chaque année un classement des pays où il fait "bon vivre".

Comment cela fonctionne ?

Bien que le roi Jigme Singye Wangchuck ait abdiqué du trône en 2006, son fils Jigme Khesar Namgyel Wangchuck, l'actuel souverain, continue de marcher sur ses traces au sujet du BNB. Le premier est d'abord passé par une idée de "bhoutanisation" du pays, démarche aussi controversée soit-elle, pour renouer avec les racines culturelles et religieuses d'antan. Le tout en permettant à son peuple de profiter d'une croissance économique florissante, s'ouvrant notamment aux nouvelles technologies de l'information et de la communication ou modernisant certains secteurs comme l'agriculture ou le textile. Il présente officiellement son projet d'indicateur du bonheur au Sommet du Millénaire Asie-Pacifique en 1998. L'objectif annoncé est simple : concilier valeurs spirituelles du bouddhisme et croissance économique durable et responsable.

Le programme lancé se base alors sur quatre grands axes : 

  1. Conserver et promouvoir la culture bhoutanaise
  2. Assurer un développement économique durable et responsable
  3. Affirmer une bonne gouvernance
  4. La protection de l'environnement

Une implication environnementale indéniable

Le Bhoutan est connu comme étant le seul pays au monde pouvant se targuer d'avoir un bilan carbone négatif. Il absorbe plus de CO2 qu'il n'en produit. La constitution de 2008 exige que 60% du territoire soit recouvert de forêts. Cette vision est largement dictée par la spiritualité et la culture religieuse, dans un pays où le bouddhisme règne depuis plus de 1300 ans. Celle-ci est traduite par de nombreuses mesures approuvées par la fameuse Commission du Bonheur National Brut. Le tourisme, par exemple, est de ce fait largement contrôlé et réglementé pour satisfaire les exigeances environnementales du royaume. L'alpinisme a, en ce sens, été interdit en 2001. Plus récemment, au mois d'avril dernier, la Commission a signé un accord de subvention à hauteur de 34 millions de dollars visant à gérer encore plus efficacement les aires environnementales protégées du royaume.

D'autres facteurs plus difficiles à évaluer

Cette implication environnementale suggère à elle seule un développement durable solide. Mais qu'en est-il du développement économique ? Difficile d'évaluer le Bhoutan sur un tel critère. Un pays géographiquement enclavé et volontairement renfermé sur lui-même qui ne compte "que" 810.000 habitants, soit la population totale de Marseille. Une chose est sûre il est aujourd'hui l'un des plus pauvres du monde avec un PIB annuel s'élevant à 2,38 milliards de dollars (168è/194) et paie forcément sa position si ferme vis-à-vis de l'environnement. Mais la faible densité démographique permet au gouvernement d'établir des plans basés sur le collectif. Dans le secteur agricole par exemple, des coopératives commencent à se développer dans les différents dzongkhags bhoutanais, grâce à une économie d'échelle et à des prêts bancaires. Ce genre d'initiative a pour but de créer de l'emploi et maintenir un taux de chômage décent. 2,2% pour l'ensemble de la population active et 9,6% chez les jeunes de 15 à 24 ans.

Thibault Bourru

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