L'interdiction des sacs plastiques pose problème
La notification datant de 1999 réglementantl'usage des sacs plastiques a été renforcée depuis ce lundi 1er avril.
La notification datant de 1999 réglementant l'usage des sacs plastiques a été renforcée depuis ce lundi 1er avril. Les commerçants qui vendent ou utilisent ce genre de contenants s'exposent à des sanctions financières. Mais depuis deux jours la situation est difficile à appréhender, et la population ne fait pas tout pour aider ses commerçants.
Le couteau sous la gorge. Les Bhoutanais, et habitants du dzongkhag de Tsirang notamment, n'acceptent pas les nouveautés gouvernementales concernant les sacs plastiques. Ce changement d'habitude a du mal à passer.
Interrogé dans les colones du journal local Kuensel, Wangmo, un vendeur de légumes de la ville de Damphou, dépeint la situation actuelle comme tendue. « Depuis deux jours on ne peut plus proposer de sacs plastiques sous peine d'amende. Alors les gens se plaignent et laissent les produits en disant que d'autres commerces en fournissent. Nous proposons des sacs de jute pour compenser, ceux-ci me coûtent forcément plus cher. Ils ne veulent pas payer de supplément. » Même son de cloche pour Lhamo, propriétaire désabusée d'un magasin de la ville. « Les clients n'apportent pas leur propre sac de transport comme cela avait été demandé. Quand on leur dit qu'on n'a pas de sacs pour eux ils se fâchent et laissent les produits sur le comptoir. » Le journal affirme que les commerçants se trouvent actuellement dans une impasse. Bien que la plupart d'entre eux ne fournissent pas de sacs plastiques, beaucoup sont confrontés à un dilemme, car ils perdent des clients.
Trouver une alternative
Les vendeurs bhoutanais sont aujourd'hui bloqués car aucune solution réellement durable n'a été pensée et affirmée en amont de l'interdiction. Dordji Wangdi, membre de l'Assemblée Nationale du Bhoutan et responsable environnement du dzongkhag de Tsirang, a déclaré que des solutions de remplacement du plastique sont en simple discussion. Des plans de sensibilisation de la population ont déjà été lancés et visent toute la population bhoutanaise, tout comme le renforcement des contrôles de police. Ces derniers qui n'aideront d'ailleurs pas forcément les commerces à court terme.
Lhamo, elle, avoue avoir prévu le coup et crée des sacs en cotons et en tissu à la maison, « mais ils ne peuvent pas contenir de produits lourds. Ces sacs ne sont pas aussi solides que les sacs plastiques. » Elle fabrique également des sacs en journaux, « qui ont eux aussi leurs limites. Entre commerçant nous partageons l'avis que des produits comme le beurre et le fromage doivent toujours être emballés dans du plastique, car ils pourrissent très rapidement », conclut-elle au micro de Kuensel.
Questions fréquentes
La réglementation sur les sacs plastiques au Bhoutan remonte à une notification de 1999. Elle a été renforcée et rendue plus stricte à partir du 1er avril 2019, avec des sanctions financières pour les commerçants qui vendent ou utilisent encore ce type de contenant.
Face à l'interdiction, certains commerçants bhoutanais ont adopté des sacs en jute, des sacs en coton ou en tissu fabriqués à domicile, ainsi que des sacs confectionnés à partir de journaux recyclés. Cependant, ces alternatives présentent des limites pour les produits lourds ou périssables comme le beurre et le fromage.
Depuis le renforcement de la réglementation le 1er avril 2019, les commerçants qui vendent ou distribuent des sacs plastiques s'exposent à des sanctions financières. Le montant exact des amendes n'est pas précisé dans les sources disponibles, mais des contrôles de police ont été renforcés pour faire respecter l'interdiction.
L'adaptation est difficile pour de nombreux Bhoutanais. Des commerces du dzongkhag de Tsirang rapportent que les clients refusent de payer pour des sacs alternatifs et abandonnent leurs achats en caisse. Des campagnes de sensibilisation ont été lancées pour accompagner ce changement d'habitude.
Non, plusieurs pays asiatiques ont pris des mesures similaires contre les sacs plastiques. Le Bhoutan fait cependant figure de pionnier en matière de politique environnementale en Asie du Sud, étant le seul pays au monde à avoir un bilan carbone négatif. D'autres nations comme l'Inde, le Bangladesh ou le Sri Lanka ont également adopté des restrictions sur les plastiques à usage unique.


