Le dzong de Drukgyel

Le dzong de Drukgyel

Le dzong de Drukgyel

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Culture & patrimoineUnescoHistoire4 min de lecture

Au nord de Paro, les ruines du dzong de Drukgyel rappellent les victoires bhoutanaises face au Tibet, face au sommet sacré du Jhomolhari.

À 14 km au nord du monastère de Taktshang, dans la vallée de Paro, le dzong de Drukgyel dresse ses ruines face au Jhomolhari. Cette forteresse du XVIIe siècle, dont le nom signifie « la forteresse de la victoire », commémore la résistance bhoutanaise face aux incursions tibétaines.

Pourquoi visiter le dzong de Drukgyel

Le site cumule plusieurs intérêts pour qui s'arrête en vallée de Paro :

  • Une architecture militaire singulière : doubles murailles, tours cylindriques, galeries souterraines et forts d'eau, témoins d'un système défensif sophistiqué.
  • Un panorama sur le Jhomolhari (7 326 m), montagne sacrée considérée comme la demeure de la déesse Tsheringma, visible par temps clair en arrière-plan du dzong.
  • Une charge symbolique forte : le site a été choisi pour célébrer la naissance de Son Altesse Royale Gyalsey, l'héritier du trône, en 2016.
  • Un point de départ de trek vers le camp de base du Jomolhari, l'un des itinéraires de haute altitude les plus connus du pays.

Histoire de la forteresse

Le dzong de Drukgyel a été construit entre 1647 et 1649 par Shabdrung Ngawang Namgyel, l'unificateur du Bhoutan. Il fait partie des quatre forteresses de défense érigées pour protéger le pays des incursions venues du nord.

Son nom, Drukgyel, se traduit par « la forteresse de la victoire ». Il commémore la défaite des troupes tibétaines par les armées bhoutanaises, dans le contexte de l'unification interne du Bhoutan menée par le Shabdrung. Contrairement à la plupart des autres dzongs du pays, Drukgyel n'a jamais joué de rôle administratif ou monastique de premier plan : sa fonction première resta militaire, en raison de sa position avancée vers la frontière tibétaine.

En 1951, un incendie d'origine accidentelle ravage la structure en bois et provoque l'abandon du site. Une tentative d'incursion tibétaine est repoussée en 1957, peu avant la fermeture définitive de la frontière. Le dzong figure aujourd'hui sur la liste indicative du patrimoine mondial de l'UNESCO et fait l'objet d'un programme de reconstruction lancé après 2016.

Que voir sur place

L'enceinte et les défenses extérieures

L'entrée principale, appelée Gorah Goh, est surmontée d'une tour de garde qui logeait autrefois le portier. Entre cette entrée et le pied de la colline, plusieurs dzongs Ta cylindriques renforçaient la surveillance. Les doubles murailles, construites en pierres et terre battue, sont jalonnées de tours de guet permettant de couvrir l'ensemble des approches.

On raconte que des galeries secrètes traversent l'intérieur de la colline. Elles servaient à puiser l'eau de la rivière en contrebas et à déplacer les troupes à l'abri des regards pendant les sièges. Les Chu-dzong, ou forts d'eau, étaient reliés au dzong principal par des chemins clôturés.

Le Shabkhor et les cours intérieures

Le Shabkhor est un ensemble de bâtiments rectangulaires épousant la pente de la colline. Cette disposition en gradins fermait l'accès au cœur de la forteresse, accessible uniquement par l'entrée principale.

La première cour conserve de grosses pierres qui servaient à attacher les chevaux. La seconde cour, desservie par une troisième porte, abritait à droite la résidence-tour du Druezop, l'administrateur du dzong, et à gauche les zones de service. Le rez-de-chaussée servait au stockage, le premier étage logeait les fonctionnaires.

La tour Utse

Au centre du complexe, dans la troisième cour, se dressait l'Utse, la tour maîtresse. Haute de quatre étages, elle abritait une petite abbaye consacrée aux divinités gardiennes. Les vestiges permettent d'estimer sa hauteur initiale entre 80 et 90 pieds (environ 24 à 27 mètres).

Trésors et objets retrouvés

La forteresse renfermait des pièces d'armement parmi lesquelles le Paak Tshen, le Paak Tshen lahor et le Jaa de Kar Gyal. Les fouilles ont également mis au jour des éléments liés à la fiscalité de l'époque : le Thruek Loyn (impôt en céréales) et le Kaa Thruel (impôt en matériaux et métaux).

Après l'incendie de 1951, plusieurs nangtens (objets sacrés) ont été récupérés : le Dorji Datsel, un portrait de Chenrezi, deux portraits du Shabdrung, les 108 volumes du Kanjur, 12 volumes de Bums et un Doem Sum Gyoem.

Informations pratiques

  • Durée de visite : comptez 1 h à 1 h 30 sur place, davantage si vous prolongez par une marche dans les environs.
  • Niveau : courte montée depuis le parking, accessible à tous les marcheurs.
  • Tarif : entrée incluse dans le forfait journalier touristique du Bhoutan.
  • Guide : la visite avec un guide local est obligatoire et fortement recommandée pour interpréter les ruines.
  • À prévoir : chaussures de marche, coupe-vent (le site est exposé), eau.

Quand s'y rendre

Les meilleures conditions de visite coïncident avec les saisons sèches du Bhoutan, soit de mars à mai et d'octobre à novembre. Ces périodes offrent un ciel dégagé et la meilleure probabilité d'apercevoir le Jhomolhari en arrière-plan, élément central de l'expérience visuelle du site.

L'été (juin-septembre) coïncide avec la mousson : la végétation est luxuriante mais les sommets restent souvent masqués. L'hiver (décembre-février) offre des ciels limpides mais des températures basses en altitude.

Comment s'y rendre

Le dzong de Drukgyel se situe à environ 20 minutes de route au nord du centre de Paro. La route goudronnée se termine à proximité du site ; une courte montée à pied conduit ensuite aux ruines. Le trajet depuis l'aéroport international de Paro prend environ 30 à 40 minutes.

Depuis le dzong démarre le sentier menant au camp de base du Jomolhari, point de départ de l'un des treks classiques de l'Himalaya bhoutanais.

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Questions fréquentes

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Questions fréquentes

Le site figure sur la liste indicative du patrimoine mondial de l'UNESCO mais n'est pas encore officiellement inscrit. Un programme de reconstruction est en cours depuis 2016.

Un incendie a ravagé la forteresse en 1951, détruisant l'essentiel des structures en bois. Le site est resté à l'abandon pendant plusieurs décennies avant le lancement des travaux récents.

Comptez 1 h à 1 h 30 pour parcourir les ruines avec un guide. Si vous prolongez par une marche en direction du camp de base du Jomolhari, prévoyez plusieurs heures supplémentaires.

Oui, par temps clair, le Jhomolhari (7 326 m) apparaît en arrière-plan des ruines. Les meilleures chances de visibilité se présentent en automne (octobre-novembre) et au printemps (mars-mai).

Le dzong se visite naturellement sur la même journée que le monastère de Taktshang, situé à 14 km au sud, ou en complément d'une découverte de la vallée de Paro.

Préparer votre voyage au Bhoutan

Le dzong de Drukgyel s'inscrit naturellement dans un itinéraire combinant la vallée de Paro, Thimphu et la vallée de Punakha. Pour construire un séjour cohérent autour de l'histoire et des paysages himalayens, consultez nos idées de voyage au Bhoutan.

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